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21.12.2006

SOGERMA SERVICES...

medium_Sogerma_services.jpgAvec la naissance de la société Sogerma Services, le 1er dé-cembre, TAT a pris les rênes du pôle de maintenance aéronautique de l'ex-filiale d'Eads. Affichant sa volonté de développer le site sur le long terme, le groupe a déjà réussi à relancer l'activité. Et les hangars de Mérignac accueilleront bientôt l'A380.

 

Une nouvelle «Sogerma» a pris la place de l'ancienne dans les grands bâtiments qui longent les pistes de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. L'ancienne Sogerma, filiale d'Eads, a été scindée en deux entités, le géant aéronautique européen ne conservant que l'activité d'assemblage des voilures ATR, qui emploie une centaine de personnes. La maintenance aéronautique, activité centrale du site girondin, constitue désormais une nouvelle société, baptisée «Sogerma services», qui a vu le jour le 1er décembre. TAT n'en est pas encore le seul patron : le groupe d'aviation possède 40% du capital de la nouvelle société, Eads conservant les 60% restant, mais le passage complet du témoin devrait se faire début 2007.
En attendant, les choses ont déjà bien changé dans les hangars mérignacais.
 
Dans les hangars, sur le millier d'employés de la Sogerma version Eads, 517 postes ont été transférés vers la nouvelle entité. Pour les autres, des solutions de reclassement ont été trouvées au sein d'Eads. Selon les syndicats, le cas de trois salariés serait encore aujourd'hui sans solution.
Pour les autres, l'activité de maintenance a repris de plus belle. Alors que les hangars d'Eads Sogerma étaient vides depuis plusieurs mois, ils accueillent à nouveau des avions civils et militaires en maintenance. «Nous avons actuellement dix avions en chantier, assurait Philippe Rochet il y a une dizaine de jours. La période est certes propice aux activités de maintenance, mais c'est surtout le fruit d'une forte volonté collective. Le personnel veut sauver cette activité et adhère à notre démarche. Le groupe TAT, numéro 2 en Europe sur ce type d'activité, exprime également la volonté de développer ce site. Ensemble, nous avons redémarré le dispositif et exprimé notre volonté aux clients, qui nous suivent» . L'activité a bel et bien repris à un rythme soutenu, apportant de l'eau au moulin des représentants du personnel qui avaient affirmé, lors de l'annonce de la fermeture de la Sogerma, que le site avait encore un avenir. «Contrairement aux affirmations d'Eads argumentant sur la mort de la maintenance aéronautique en France, les salariés avaient raison d'exiger le maintien des activités sur le site de Mérignac, car aujourd'hui c'est du développement de celles-ci qu'il est question», affirme la CGT. Effectivement, encouragée par ce bon démarrage, Sogerma services envisage de recruter quelques dizaines de salariés dans les mois à venir.

«Pas d'euphorie prématurée, tempère la Direction. Nous n'avons pas encore gagné, même s'il est vrai que nous partons sur de bonnes bases. Reprendre la Sogerma est un sacré défi à relever. Mais toute l'équipe est prête à se retrousser les manches pour démontrer qu'on peut maintenir cette activité». Le groupe affiche en effet son souhait d'inscrire cet engagement dans la durée. «Nous ne sommes pas là pour faire un coup, poursuit le directeur général. Nous nous installons durablement et nous voulons conserver tous les métiers présents aujourd'hui sur le site : maintenance, bureau d'études, formation... c'est cette palette d'activité qui donne la valeur ajoutée globale de la société». Le directeur insiste souvent sur la qualité du personnel, dont le savoir-faire, la formation et l'expérience sont l'atout majeur de la Sogerma. Il ne cache pas pour autant son souhait de réduire les coûts de production, alimentant l'inquiétude des syndicats. «C'est un chantier que nous allons mener en toute transparence avec les partenaires sociaux». Sogerma Services souhaite également faire évoluer les procédures internes pour sécuriser la prise de décision et améliorer la réactivité de l'entreprise. Quant à la stratégie de l'entreprise pour les années à venir, le directeur général exprime son souhait de rééquilibrer les «activités maintenance civile et militaire, activités complémentaires aux cycles différents permettant de lisser les plans de charge». L'entreprise vient d'ailleurs de recevoir une très bonne nouvelle : elle s'est vu confier par Airbus un chantier portant sur trois A380. Elle aura pour tâche de transformer ces appareils, qui volent déjà dans le cadre des essais, en aéronefs commerciaux. Les hangars de Mérignac sont parmi les rares en France à être capables d'abriter l'avion géant d'Airbus. Il y a encore quelques mois, les salariés redoutaient qu'ils n'en voient jamais passer un seul. (Presse)