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31.12.2007
Nicolas SARKOZY, le Président de tous les superlatifs...
PARIS (AFP) — Il est le chef d'Etat de tous les superlatifs: hyperactif, superprésent, omnipotent. En six mois, Nicolas Sarkozy a fait souffler un vent nouveau sur l'Elysée, imposant une rupture dans la forme, sans réussir à imposer le même rythme au fond de l'action présidentielle.
Depuis son arrivée rue du Faubourg Saint-Honoré, "il court, il court..." le président, comme le "Furet" de la chanson. Il est passé par Moscou, Dijon, Alger, Lyon ou Sofia. Il repassera par Ryad ou Doha.
Les débuts de mandat sont traditionnellement actifs, mais jamais nouveau président n'avait déployé une telle énergie, sur tous les fronts.
De retour de Chine, Nicolas Sarkozy dévale la passerelle de son avion pour se précipiter au chevet de policiers blessés dans une banlieue qui brûle. Après un aller et retour au Tchad pour ramener une poignée de journalistes et d'hôtesses de l'air, il vole vers Washington, mais s'arrête en route au chevet de pêcheurs bretons en colère...
"Il est très +action minded+", commente un de ses collaborateurs.
"J'ai été élu pour apporter des solutions aux problèmes de la France", rétorque Nicolas Sarkozy à ceux qui dénoncent son agitation. "C'est ce qu'attendent les gens de moi, pas de me cacher, pas de me dissimuler, pas de rester enfermé dans mon bureau à parler une fois tous les six mois".
Oubliée l'image jupitérienne incarnée par François Mitterrand. Balayée la torpeur des derniers mois du règne de Jacques Chirac.
En "enfant de la télé" assumé, le président, 52 ans, fait l'événement. Pas une journée sans une annonce, un discours, qui lui assurent une place de choix dans les JT du soir. Dans le grand feuilleton de l'actualité, rien ne lui échappe. En seul patron de l'exécutif, Nicolas Sarkozy a imposé son tempo à son gouvernement, au point de l'éclipser.
Le président pressé se mêle de tout. Ses ministres sont souvent ravalés au rang de faire-valoir, et le Premier d'entre eux, François Fillon - qui a peu goûté le qualificatif - à celui de "collaborateur". "Le chef, il doit rien faire ?", s'étonne Nicolas Sarkozy. "Moi je pense qu'il doit être devant, qu'il doit tirer les choses, qu'il doit prendre les coups". "Il ne doit pas laisser les ministres seuls se débrouiller avec une affaire".
Hyperprésident, donc. Martelant son objectif: "j'ai été élu pour changer les choses".
Alors, à peine installé à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a ouvert tous les chantiers d'une "indispensable réforme de notre pays". Economie, social, justice, logement, fonction publique...
Mais si son volontarisme a fait ses preuves sur la relance de l'Europe ou le Grenelle de l'environnement, il semble avoir trouvé ses limites sur d'autres fronts plus épineux. Le "paquet fiscal" tarde à produire ses effets, la croissance stagne malgré sa promesse "d'aller la chercher", la réforme des régimes spéciaux de retraite est adoptée mais au prix fort, et celle de la carte judiciaire continue à hérisser magistrats et avocats.
"Ce n'est pas en faisant pendant six mois des réformes, puis d'autres ensuite que l'on obtient des résultats", observait récemment le député UMP François Goulard. "Il y a une rupture de style, c'est incontestable, mais pas de rupture de fond".
2008 s'annonce tout aussi délicat, avec des réformes sur l'hôpital, les retraites, la défense. Des sujets difficiles, mais pas de quoi freiner le président. "Les Français ne m'en voudront pas d'avoir essayé", assure Nicolas Sarkozy, "et si ça ne marche pas, je tenterai autre chose".
07:55 Publié dans Actualité Nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2007, sarkozy


