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08.01.2008
Analyse de l'élection municipale de bordeaux par France 2...
Battu de 670 voix par le PS aux législatives de 2002, le successeur de Jacques Chaban-Delmas joue sa survie politique.
A la suite de cette défaite, le premier magistrat UMP de Bordeaux avait dû démissionner de son poste de ministre de l'Ecologie et du Développement durable.
Un nouveau coup dur après sa condamnation, en 2004, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Il avait dû se défaire de ses mandats et partir enseigner au Canada pendant un an.
Pourtant, à son retour du Québec, les Bordelais avaient plébiscité le "come-back" de celui que Jacques Chirac qualifiait en 1995 de "meilleur d'entre nous" avant d'en faire son premier ministre: lors d'une municipale partielle en octobre 2006, la liste d'Alain Juppé avait obtenu 56,20 % des voix.
Mais huit mois plus tard, au second tour de la présidentielle, la socialiste Ségolène Royal réalise à Bordeaux un score de 52,44 % (au premier tour: 31,37 % pour Royal, 30,84 % pour Sarkozy, 22,01 % pour le centriste Bayrou). Un résultat qui sonne alors comme un premier coup de semonce pour ce fidèle de Jacques Chirac rallié sur le tard à Nicolas Sarkozy. Après la tempête législative, le maire de Bordeaux avait même songé à ne pas se représenter. Avant de finalement annoncer le 1er octobre 2007 qu'il serait candidat à sa succession.
Les atouts...
Il faut dire qu'un scrutin national ne peut se comparer à un scrutin local. Ce qui fait qu'on ne peut pas enterrer Alain Juppé trop vite...
A Bordeaux, l'homme reste apprécié, notamment en raison d'un bilan souvent jugé positif. Aux dires des observateurs, le maire a su réveiller une ville qui s'était quelque peu assoupie durant les dernières années de la mandature de Jacques Chaban-Delmas, maire pendant 48 ans (de 1947 à 1995).
Sont ainsi plébiscités: le tramway, la rénovation des équipements collectifs, l'aménagement des quais de la Garonne et du centre ville, récompensé par l'inscription de la cité au prestigieux Patrimoine mondial de l'UNESCO, constate "L'Express". De plus, Bordeaux est pionnière en matière de vélo: proportionnellement, la mairie met à la disposition des habitants cinq fois plus de deux roues que Paris et Lyon, "pour un coût nettement plus compétitif", selon l'hebdomadaire.
La situation politique pourrait aussi favoriser celui qui n'a plus aucun mandat ministériel. Et qui s'il était resté ministre d'Etat chargé de l'Ecologie aurait pu subir les effets d'une baisse de la popularité du gouvernement. Alain Juppé peut ainsi promettre qu'il sera "un maire à plein temps". La formule peut plaire à l'électorat qui n'apprécie pas forcément le cumul des mandats. Et qu'Alain Juppé a, dans le passé, beaucoup pratiqué comme nombre d'élus d'envergure nationale...
De plus, le maire de Bordeaux a su se ménager un espace au centre. Il a ainsi obtenu le soutien des centristes en concluant un accord avec François Bayrou et son tout nouveau Modem. En échange, il a dû offrir aux amis du Béarnais le poste de premier adjoint sur sa liste.
... et les faiblesses
Depuis son retour du Québec, Alain Juppé, souvent perçu comme sûr de lui, méprisant et agressif, à qui certains donnaient le méchant surnom d'Amstrad (comme la marque d'ordinateurs) a tenté de donner une autre image de lui-même.
Il affirme avoir suivi Outre-Atlantique "une sérieuse cure de non-agressivité". Et se veut plus chaleureux et plus à l'écoute des autres. Mais certains Bordelais affirment qu'il rechute quand les critiques se montrent par trop véhémentes...
Quel challenger ?
Alain Juppé retrouve comme challenger un poids lourd du PS, Alain Rousset, président de la région Aquitaine, confortablement réélu en 2004, et député depuis 2007. La candidature du socialiste "s'inscrit dans une stratégie d'alternance crédible", estime "L'Express", même s'il a beaucoup hésité avant de se lancer dans la bataille. Une indécision qui lui est parfois reprochée, certains évoquant même un "manque d'enthousiasme"...
Reste que la gestion d'Alain Rousset à la Région est appréciée et qu'il a su faire alliance avec les verts. Son adversaire UMP à la mairie en profite pour le critiquer pour son cumul des mandats... "Rousset est un coureur de fond, pas un sprinter. Il montera en puissance au long de la campagne", pensent ses nouveaux alliés écologistes, cités par "L'Express".
Pour l'instant, c'est l'incertitude qui l'emporte quant au résultat final. Lors de la municipale partielle de 2006, 55 % des électeurs s'étaient abstenus. Un électorat qui s'est sociologiquement beaucoup modifié depuis le scrutin de 2001: les "notables, traditionnellement à droite", quittent la ville pour s'installer en périphérie, rapporte "L'Express". "Ils sont vite remplacés par une population plutôt bobo" et exigeant, "attirée par la qualité de vie du Sud-Ouest". Les mêmes "bobos" qui se sont abstenus il y a sept ans...
Pour l'instant, aucune enquête d'opinion officielle n'a été publiée. Certains sondages évoqueraient une légère avance de Juppé. Vu l'incertitude de ces enquêtes, il convient donc de rester très, très prudent... Une seule chose est sûre: la bataille Juppé-Rousset s'annonce serrée.
22:30 Publié dans Actualité Girondine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2008, sarkozy, ump, saint médard en jalles, municipales


