18.03.2008
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La défaite de la majorité aux élections municipales et cantonales alimente les motifs d'inquiétude. Et amène les responsables de la droite à tirer les premiers constats. L'"ouverture" à gauche n'a rien rapporté à l'UMP au plan électoral : ce n'est pas la "conquête" de Mulhouse qui permettra de rétablir l'équilibre. L'importance de l'abstention est un signal fort de désaffection de l'électorat populaire. L'amplification du basculement à gauche au second tour témoigne de l'absence de réserves de l'UMP au-delà de ses scores de premier tour. Enfin, l'échec du Mouvement démocrate de François Bayrou doit entraîner une réorganisation du "pôle centriste" de la majorité. "C'est à l'UMP et à son allié du Nouveau Centre de répondre à ce que François Bayrou a proposé sans pouvoir lui-même y répondre", estime M. Raffarin.
A cette réflexion fait écho celle d'un autre ancien premier ministre, Alain Juppé. Réélu maire de Bordeaux dès le premier tour, celui qui fut cofondateur et président de l'UMP plaide, dans le quotidien Sud-Ouest du 18 mars, pour "un grand parti de rassemblement". Ainsi indique-t-il que, s'il était responsable de l'UMP - "hypothèse d'école", prend-il soin de préciser -, il essaierait de "reconstituer une grande force de la droite et du centre". "Cela a toujours été le sens de l'UMP. Ne pas se replier sur soi, s'ouvrir sur les autres. Mais j'ai conscience de l'extrême difficulté de la tâche, parce qu'il faut être deux pour se mettre d'accord", ajoute M. Juppé, qui lui-même avait conclu un accord avec le MoDem à Bordeaux.
Les alliés centristes de l'UMP n'en finissent pas, quant à eux, de pester contre l'"importance démesurée que l'on accorde à François Bayrou et au MoDem". Entre les deux tours des municipales, le président du groupe Nouveau Centre de l'Assemblée nationale, François Sauvadet, avait déjà reproché à l'UMP de "se livrer à une danse du ventre devant le MoDem" et d'avoir ainsi contribué à le "mettre en scène". Passé le second tour, ceux qui avaient choisi, après le premier tour de la présidentielle, de quitter François Bayrou pour se ranger derrière Nicolas Sarkozy, soulignent l'"échec absolu" du MoDem, selon les termes d'Hervé Morin, président du Nouveau Centre. Le ministre de la défense, qui veut "reconstituer la vieille famille de pensée qui était l'UDF", appelle les "déçus" du MoDem à la rejoindre.
"FAIRE REVIVRE L'UDF"
Au sein même du MoDem, les critiques ne se sont pas fait attendre à l'encontre des choix de son président. "On est dans une impasse stratégique", considère Jean Arthuis, interrogé par l'AFP. "Le MoDem est complètement illisible dans cette élection, dans ces alliances à la carte", ajoute le sénateur de la Mayenne, qui se dit "frappé par l'inorganisation du mouvement" et "n'imagine pas y rester". Pour M. Arthuis, il faut "faire revivre l'UDF".
"Il faut réagir au sein du MoDem", a jugé, pour sa part, Thierry Cornillet, député européen. "La stratégie développée par notre président a fracassé le centre. C'est une stratégie suicidaire pour notre courant d'idées", dénonce ce membre "historique" de l'UDF, qui estime que "l'on n'aliène pas sa liberté à choisir l'allié le plus compatible avec nos valeurs".
Patrick Roger - Le Monde
19:41 Publié dans Elections Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2008, sarkozy, ump, bouteyre, saint médard en jalles, municipales



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